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Le Lycée et Collège de Barr… une histoire plus que centenaire

 

Barr peut se glorifier d’avoir eu le souci constant du développement de l’enseignement. Bien avant la Révolution, la municipalité installe des instituteurs à Barr et lorsque la convention décrète l’établissement d’une école publique dans chaque commune, Jean EHRMANN fut installé comme premier instituteur public, alors que se créent aussi de nombreux cours privés.

 

Sous Napoléon, en 1802, la loi autorise l’ouverture de collèges municipaux. Il aura fallu attendre 50 ans avant qu’un pensionnat privé de jeunes filles , ancêtre du collège moderne de filles, s’installe à Barr en 1852. Deux ans après fonctionne aussi une école technique de commerce et d’industrie pour garçons. Ces deux institutions sont les ancêtres du Lycée Edouard Schuré et du Collège de Barr.

 

Construction d’un collège de garçons en 1876

 

L’ouverture d’un collège est due à l’initiative du Maire G. BOSSERT qui a su convaincre son conseil de la nécessité de dispenser à Barr un enseignement secondaire.

Il fait les indispensables démarches dès 1871, l’Alsace étant alors annexée au IIe Reich. En 1872, l’agrément fut accordé et sans plus tarder un collège fonctionne dans les locaux de l’Hôtel-de-Ville.

En même temps, avec la participation financière de l’Etat est entreprise la construction du Collège sur un terrain acquis préalablement par le conseil municipal. C’est le bâtiment qui sert aujourd’hui de Maison des Associations, mais que les Barrois appellent toujours le Collège. Une inauguration officielle et grandiose eut lieu le 8 juin 1876. Il subsiste actuellement un drapeau du Collège aux archives municipales de Barr.

Cet édifice spacieux et solide précédé d’une grande cour ouverte sur la rue du Collège donne sur l’Avenue des Vosges par un jardin aujourd’hui en friches. Les édiles de l’époque ont vu grand pour les 165 élèves qui fréquentaient les lieux en 1876. Le nombre va déclinant jusqu’à 68 élèves en 1926.

Plusieurs fois la suppression fut envisagée par les autorités supérieures qui durent y renoncer devant les protestations véhémentes du bureau d’administration du Collège composé du Maire, des adjoints, du directeur et de deux personnalités de poids.

Ce Collège moderne (on n’y enseignait pas le latin), Réalschule de 1872 à 1918 comprenait en tout six classes. On y enseignait la religion, l’allemand, le français, l’histoire, les mathématiques, la physique-chimie, les sciences naturelles, la géographie, le dessin, la calligraphie, la gymnastique et le chant. La scolarité se terminait dans la Prima (6e classe) où l’on pouvait se présenter à un examen : le certificat de fin d’études.

A partir de 1917 les cours se déroulèrent Villa des Bouleaux, dans la maison d’Edouard Schuré, car le collège devait servir d’hôpital militaire. Pendant la période française, la scolarité ne pouvait se poursuivre que jusqu’en seconde. Pour la classe de première et de terminale, il fallait se rendre à Sélestat. La classe de philosophie fut ouverte à la veille de la 2e guerre en 1939 suivi par la section Sciences Ex. en 1945 et celle de Maths. Elem. en 1957.

 

Un manque d’effectifs

 

Craignant la suppression de ce collège aux effectifs squelettiques, les autorités municipales et la direction du collège envisagent plusieurs remèdes :

La création de nouveaux cours pour attirer les élèves : le latin, l’enseignement du commerce et de la dactylographie se rajoutèrent au programme ;

L’information dans les écoles primaires et par voie de presse

L’ouverture du collège aux jeunes filles

La création d’un internat de garçons

Le développement des bourses

C’est ainsi qu’en 1907, la première jeune fille force la porte de cette école de garçons, suivie bientôt par d’autres filles de fonctionnaires allemands. La mixité est donc admise.

La création d’un internat fut plus longue à se réaliser. Demandé dès 1911, il a fallu attendre 1950 pour officialiser la chose. Mais en attendant, une solution provisoire fut trouvée par le directeur du collège. Il loua tout simplement une aile du célèbre Hôtel des Bains du Buhl… qui a fini par devenir officiellement l’internat des garçons après l’acquisition par la Ville de cette maison historique en 1953.

A la rentrée 1954, l’internat des garçons accueillit 60 élèves.

 

Naissance du collège de jeunes filles

 

Dès 1852, les jeunes filles peuvent fréquenter un cours privé qui subsiste jusqu’en 1907.

Cette pension, connue plus tard sous le nom de Pension Farny du nom de sa directrice, eut une renommée internationale, la publicité atteint l’Angleterre. Installée dans plusieurs locaux successifs, elle aboutit finalement rue du Lycée dans le bâtiment blanc qui s’élève dans la cour de l’actuel collège où siège l’administration.

En 1907 cet établissement devient l’école primaire supérieure de jeunes filles après l’achat des bâtiments par la municipalité. C’est cette même année que la première jeune fille obtient son admission au collège de garçons ce qui explique sans doute les réticences de la municipalité concernant la mixité au collège.

Très vite il faut construire d’autres bâtiments pour permettre à l’école supérieure de jeunes filles de fonctionner. Ils furent érigés entre 1925 et 1934 et démolis pour la construction de l’actuel collège.

A la mort de Schuré en 1929, le collège prit le nom qui fut repris par le lycée. C’est donc depuis 70 ans que le nom de cet écrivain ésotérique est devenu le patronyme du Lycée de Barr.

 

Le Lycée Edouard Schuré - 1977

 

Après la 2e guerre, l’enseignement secondaire évolue très vite, à Barr aussi. En 1957, collège Schuré et collège moderne de jeunes filles fusionnent et deviennent deux ans plus tard le collège nationalisé puis en 1977 le lycée nationalisé, lycée d’enseignement général et technologique L.E.G.T. Edouard Schuré.

Dès lors, les problèmes de locaux n’ont cessé de se poser auxquels on a remédié par la construction de classes mobiles communément appelées « baraques » que beaucoup de Barrois ont fréquentées.

La construction d’un nouveau bâtiment pour 600 élèves mis en service en 1970 s’avère vite trop petit et de nouvelles baraques furent rajoutées en 1971. Plusieurs malfaçons dans ce nouveau lycée ont déterminé la municipalité de l’époque à ne jamais réceptionner les travaux de ce lycée défectueux. Le manque de locaux entraîne l’éclatement de la vie scolaire : 6e et 5e ainsi que le 2nd cycle et les classes techniques s’installent dans les bâtiments nouvellement construits… et dans les baraques, rue du Lycée. Les 4e et les 3e fréquentent l’ancien collège à 1,5 km de là, rue du Collège. Un va et vient permanent d’élèves et de professeurs entre les deux établissements s’organise.

Une procession d’internes tous les matins et tous les soirs ainsi que des demi-pensionnaires à midi qui rejoignent le réfectoire dans les locaux de l’ancienne pension Farny là où se trouve le collège d’aujourd’hui. Cela anime peut-être les rues de Barr ou sert de repère chronologique aux habitants des rues qu’empruntent les internes, cela ne créé certainement pas les meilleures conditions d’études d’autant que l’ancien collège de 1876, surchargé, n’est plus fonctionnel 100 ans après.

 

Restructuration permanente

 

Pendant des années on parla de la construction d’un nouveau collège. D’un plan quinquennal à l’autre la place de cette construction recule sur la liste des priorités. Le site potentiel lui non plus n’est pas déterminé. Puis un beau matin de printemps 1989, avec surprise on apprend que le nouveau collège pourrait se construire là où il est maintenant après l’acquisition de quelques parcelles aux alentours.

Les travaux vont bon train. Ils commencent par la construction d’un nouvel internat pour les filles. Le permis de construire est déposé le 8 août 1989 et le nouvel internat pour 80 filles est inauguré le lundi 22 octobre 1990 par le Président du Conseil Général Daniel HOEFFEL.

Parallèlement en juin 1990 les travaux avaient commencé de l’autre côté de la rue par la destruction spectaculaire de l’ancien internat des filles inauguré en 1934. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que depuis les salles de classes du lycée on a pu observer les pans de murs arrachés, les installations sanitaires se balancer dans le vide, les grilles arrachées par la grosse pelle mécanique dévoreuse du passé !

C’est sur ces ruines que fut édifié le collège d’aujourd’hui ainsi que la salle de restauration. Celle-ci fut fonctionnelle pour la rentrée de 1991, mettant fin aux allées et venues surtout que cette dernière année avait étendu le parcours jusqu’au foyer paroissial de Gertwiller et au foyer protestant de Barr.

Quant à la rentrée dans le nouveau collège, elle fut différée au lundi 4 novembre 1991. Le collège fut inauguré le samedi 30 novembre par Daniel HOEFFEL. Prévu pour 800 élèves répartis dans 34 salles… il se révèle très vite trop petit et peu fonctionnel… aussi huit ans après parle-t-on de restructuration et de construction d’un autre collège pour 2004… Il faudrait que les architectes viennent passer un mois dans les lycées et les collèges avant d’établir leurs plans.

En 1993 ce fut au tour du lycée d’être restructuré. Rappelons que les bâtiments de 1970 n’avaient jamais été réceptionnés à cause des défauts et malfaçons. Après de longs débats pour savoir s’il faut raser ou réaménager, cette dernière solution prévalut. Le permis de construire fut déposé et le chantier débuta le 5 mars 1993.

La vie au lycée fut un rien perturbée car les travaux furent réalisés par étages. Il a fallu passer l’année au milieu de cognements, de tapage, sans oublier les grincements de scies et la musique déversée par les postes des ouvriers qui souvent se baladaient sur des échafaudages distrayant l’attention des élèves.

Enfin arriva la fin du chantier en 1995. Les finitions cour, garage à vélos… se firent un peu plus tard.

   

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